• Home   /  
  • Archive by category "1"

N Essayez De Ne Pas Rire Mdrt

SINGAPOUR – On y a passé six jours, pendant les célébrations de son 50e anniversaire. À la fois ville et État, elle ne ressemble à aucune autre. Et vous savez quoi ? On a adoré cette escale.

“Quels sont nos priorités ? Premièrement le bien-être, la survie des gens.
Après, les règles démocratiques et les procédures que nous devons de temps en temps suspendre.”
Lee Kuan Yew

“So come and sing,
Sing a song for Singapore”
Corrinne May

Récemment, dans une auberge de jeunesse d’Auckland, on se retrouve à table à côté de deux voyageurs qui parlent de leurs expériences respectives à Singapour. Pas emballés, les types. Déçus. Agacés, même. Ils n’ont pas du tout aimé leur passage dans la petite Cité-État, jugée “inintéressante”. “Et vous, vous connaissez ?”Yep buddies, on vient d’y passer une semaine, dense et passionnante. En fait, on a adoré ! 

Fred, le meilleur des guides

Faut dire qu’on a la chance de découvrir Singapour dans des conditions exceptionnelles. D’abord, la République célèbre en grande pompe son cinquantième anniversaire (lire l’encadré ci-dessous). Mais surtout, on peut compter sur le meilleur des “guides” possibles, rien que pour nous, en la personne de notre ami, Frederick. Un jeune Singapourien rencontré des mois plutôt sur les rives du Baïkal, en Sibérie (lire l’article Le lac Baïkal, beauté froide et envoûtante). On avait passé trois jours avec lui et son pote Niall : ce sont eux qui nous avaient alors soufflé l’idée de venir dans leur pays autour du 9 août, date d’une Fête nationale qui revêt cette année une importance particulière en raison du cinquantenaire. Ce qu’on a fait, donc. 

Adorable, Fred vient nous cueillir à notre descente d’avion, avec la voiture familiale. Il est 14 heures, il nous a attendu pour manger et nous invite dans un petit resto bien typique sur le chemin du centre-ville, avant de nous emmener à notre hostel dans Little India (lire l’encadré ci-dessous).

OÙ LOGER ? POW, POW, POW, POW
Le Prince of wales (Pow, pour les intimes) s’auto-désigne comme un backpacker pub au cœur de Little India. Au rez-de-chaussée, c’est vrai, il y a un pub (5 dollars singapouriens la bière, soit 3,15 euros, avec la réduc’ pour ceux qui y logent). Très sympa, avec une terrasse agréable et fréquentée le soir, sur laquelle plusieurs concerts sont programmés chaque semaine. Du coup, n’espèrez pas trop dormir de bonne heure. À l’étage, une grande pièce avec trois boxes de huit lits. Assez propre, mais bruyant. Clim et ventilo (éviter les lits du haut, c’est éviter la grippe), wifi OK. Douches communes au rez-de-chaussée. Les toilettes sont aussi celles du pub.
Adresse : 101 Dunlop street. Tarif : 26,60 euros par lit (sur booking.com). 

 

Il en sera ainsi tous les jours : Fred vient nous chercher pour nous faire découvrir sa ville, qu’il adore et qu’il connaît sur le bout des doigts. À l’opposé des itinéraires balisés, il nous accompagne dans les petits quartiers vivants, les boutiques méconnues, à la rencontre du vrai Singapour et de sa population, aussi variée qu’accueillante. Surtout, chaque repas est une découverte, dans les petites adresses que ne fréquentent pas les touristes (on vous mijote un article spécial “où manger à Singapour”). 

Une nation qui cumule les records

Ensemble, on parle de tout, sans tabou, pour essayer de comprendre cet État qui ne ressemble à aucun autre. Une nation qui cumule les records et les particularités. 

SINGAPOUR, C’EST : un climat d’abord. Incroyable : il est absolument le même tout au long de l’année. Chaud et humide, grosso modo entre 25 et 30°. Mais le temps change vite : une averse peut chasser un soleil radieux en quelques minutes et inversement. On a pu le constater, à nos dépens.

SINGAPOUR, C’EST : après Monaco, la densité de population la plus élevée au monde(700 km2 seulement et 5,5 millions d’habitants). Mais hormis du côté de Marina Bay, ses buildings et ses centres commerciaux, honnêtement, on est étonné par le calme qui règne dans la mégalopole. Les rues sont tranquilles. Il n’y a pas de bouchons. La ville-État n’est pas étouffante loin de là : avec ses innombrables espaces verts, elle mérite son surnom de ville-jardin. Près de la moitié de la superficie de l’île serait couvert de verdure. Qui l’eût cru ?

SINGAPOUR, C’EST : une nation neuve. Tout juste 50 ans, donc, mais qui pourtant jouit déjà d’une identité propre, tirée du mélange de toutes celles qui la composent. Près de 70% des Singapouriens possèdent des origines chinoises (c’est le cas de Fred et Niall), environ 15% malaises, près de 10% indiennes. Religions bouddhiste (elle est majoritaire), chrétienne, hindoue ou musulmane y cohabitent dans le respect. Nouvel An, Nouvel An chinois, Vendredi Saint, Vesak (fête bouddhiste) ou Aïd el-Kébir sont ainsi tous des jours fériés, en bonne et due forme. Chaque groupe est encouragé à entretenir ses traditions, tout en s’intégrant dans un mode de vie à la Singapourienne. Dès le premier jour, dans les pas de Fred, on s’est étonnés de passer en seulement quelques hectomètres de Little India à China Town (où se trouve… le plus grand temple hindou de la ville) avant de boire un thé dans Arab street, à l’ombre de la grande mosquée Sultan. Dépaysant.

SINGAPOUR, C’EST : la ville la plus sûre du monde. Du moins, elle se targue de l’être (en fait, elle serait la deuxième derrière Tokyo, selon The Economist). Et c’est vrai qu’à aucun moment, même au beau milieu de la nuit, on ne s’y est sentis en insécurité. Quand un “crime” est commis, le vol d’un vélo par exemple, un panneau est installé dans la rue pour inviter les gens à contacter la police s’ils ont des infos. Mais des “crimes”, il n’y en a quasiment pas. Il n’y a pas de voleur : on a fait rire Fred quand on l’a alerté parce qu’il laisse son porte-feuille en évidence dans sa voiture…

Cela a un coût : une politique ultra-sécuritairequi interdit “à peu près tout ce qui est amusant” (c’est ce qui est souvent dit au sujet de cet État), jusqu’à l’usage du… chewing-gum. Cracher par terre ? C’est 1 000 dollars. Jeter son mégot ? Même tarif. Et les policiers en civil, ils sont nombreux paraît-il, veillent. “That’s why Singapore is a FINE city”, nous dit Fred en rigolant, reprenant un jeu de mot célèbre ici, FINE voulant dire à la fois chouette et amende. Beaucoup moins drôle : censure et peine de mort y ont encore droit de cité. L’homosexualité est un crime. Et le pouvoir politique est confisqué par une même famille depuis l’indépendance.

SINGAPOUR C’EST : faire la queue. Une corvée érigée au rang de savoir-faire local. Les Singapouriens font la queue. Vous pénétrez dans un food court, il y a une trentaine de petits restaurant autour de vous, 80% des clients sont concentrés devant le même et attendent, les uns derrière les autres. Là, n’importe quel Français va se servir ailleurs. Le Singapourien, lui, se range derrière les autre et attends.

SINGAPOUR C’EST : “la peur de perdre”. Le Kiasu. Les Singapouriens ont ça en eux. Ils veulent réussir. Comme tout le monde, direz-vous. Pas vraiment. Fred a pris un bon moment pour nous expliquer le concept (il reconnaît l’avoir aussi). Ils veulent réussir et ils sont prêts à travailler sans relâche s’il le faut, à suer sang et eau pour cela, jusqu’à y parvenir. Échouer, c’est interdit ! Bonjour la pression. Mais c’est ainsi qu’une petite île marécageuse peuplée de pêcheurs est devenue le premier port du monde et l’une des premières puissances économiques en seulement un demi-siècle.

SINGAPOUR C’EST : le singlish. Il y a plusieurs langues officielles : le malais, le mandarin et l’anglais. Bien sûr, cette dernière est la plus commune, celle qu’encourage le gouvernement, celle des entreprises. Dans la rue, on parle le singlish (pour singaporean-english), un anglais enrichi de mots et d’expressions bien locales. Un créole local.

SINGAPOUR C’EST : la ville la plus chère du monde. Elle le reste en 2015 selon le classement des villes les plus chères du monde établi par l’institut The Economist Intelligence Unit (EIU), qui s’appuie sur 160 produits et services dont la nourriture, les boissons, les habits, la location et le transport. Se nourrir n’est en revanche pas si cher : en mangeant dans les adresses des locaux, grâce à Fred, on s’en est dès bien sorti. Notre budget ? 82 euros par jour à deux (bien loin des 114 ou 106 euros quotidiens prévus pour Sydney ou la Nouvelle-Zélande). 

BON ANNIVERSAIRE SINGAPOUR ! 

Durant notre séjour, la Cité-État fête le 50e anniversaire de sa déclaration d’indépendance. Quelques mois seulement après la disparition de son fondateur Lee Kuan Yew, véritable père de la nation. Drapeaux aux fenêtres, décorations dans les rues : toute la ville est en rouge et blanc et le logo SG50 s’affiche partout. Concerts. C’est en raison de l’un d’eux que nous avons simplement croisé Niall, l’autre Singapourien rencontré en Sibérie : il est l’un des meilleurs pianistes du pays et jouait aux côté du Chinois Lang Lang, dans un stade, en présence du président de la République. Rien que ça. Entre les répétitions et le show, il s’est tout de même libéré pour nous accompagner dans nos dégustations de roquefort (bientôt la vidéo). Concerts, donc, défilé militaire, parade aérienne, feu d’artifice : la nation entière est en fête. L’occasion de mesurer que le sentiment patriotique, ici, est très fort. 

 

À VOIR : NOS BONS PLANS GRATUITS

 

MARINA BAY. La skyline. Ces gratte-ciels alignés les uns à côté des autres. C’est l’image la plus connue de Singapour, celle qu’on se faisait de cette ville avant de venir. Ici, il y a aussi le Marina Bay Sands, l’un des hôtels (2500 chambres, 300 euros la nuit pour les moins chères) les plus connus de la planète : vous savez, ces trois tours de verre surmontées d’une géante terrasse en forme de bateau. Mais si, vous savez, il y a une piscine à débordement de près de 150 mètres de long tout au sommet. Ici, il y a aussi la Singapore flyer, qui était la plus haute grande roue du monde (165 mètres) jusqu’à l’an passé. Il y a le Merlion, sculpture-fontaine mi-sirène mi-lion, emblème de la cité. Ici, il y aussi des centres commerciaux géantissimes les uns à la suite des autres, les enseignes de luxe, le musée des arts et des sciences (superbe bâtiment en forme de fleur). Tout ça, c’est beau. Ça en met plein la vue, c’est certain. A voir absolument, de nuit de préférence. Mais sans y retourner chaque jour, comme le font beaucoup de visiteurs : Singapour, ça ne se résume pas à Marina Bay, loin de là.
Station de métro Marina Bay (ah oui, pour le métro, le tarif varie selon la longueur du parcours, on a payé au minimum 1,80 dollars, soit 0,63 euro).

 

GARDENS BY THE BAY. C’est un jardin extraordinaire. Magique. Derrière le Marina Bay Sands, 18 “super-arbres” de 25 à 50 mètres de haut qui se mettent à vivre en musique, le soir, lors de spectacles sons et lumières chaque soir valent vraiment le déplacement. À la fois futuriste et romantique. Franchement, ne loupez pas ça (renseignez-vous sur les horaires, qui peuvent changer). Le Gardens by the bay, au total, s’étale sur plus de 100 hectares. Toutes les plantes n’y sont pas artificielles, au contraire : il constitue un véritable réservoir de biodiversité, avec près de 200 000 espèces des six continents.
Gratuit (sauf l’entrée dans les serres). Sortir à la station de métro Marina Bay.

 


BOTANIC GARDEN.
C’est le premier site du pays classé, depuis quelques mois, au patrimoine mondial par l’Unesco. Le jardin botanique de Singapour s’étend sur plus de 60 hectares, en plein centre-ville. Et il est gratuit et ouvert tous les jours de l’année, de 5 heures à minuit ! L’agréable balade, entre les innombrables espèces classées par thématiques, prend une bonne paire d’heure. N’oubliez pas crème solaire et casquette, il peut faire très chaud.
Gratuit (sauf la partie Jardin des orchidées, payante pour les étrangers). Métro Orchard.

 

GILLMAN BARRACKS. Non, Singapour n’est pas franchement réputée pour sa vie artistique, quel que soit le domaine. Avec Gillman barracks, le gouvernement a habilement converti les baraques d’un ancien camp militaire britannique en 11 petites galeries d’art contemporain, éparpillées dans la végétation. Un lieu à très fort potentiel. Lors de notre passage, l’endroit est quasi désert. “C’est tout le temps comme ça”, se désole Fred. 
Gratuit. Pour y aller, prendre le MRT (métro) jusqu’à la station Labrador Park, puis dix minutes à pied (sortie A et suivre Alexandra road).

 

HENDERSON WAVES. C’est un pont piéton à l’architecture ambitieuse. En bois et en acier, le Henderson waves ondule sur près de 300 mètres pour relier deux collines du sud-ouest de la ville. En offrant une vue dégagée à des kilomètres à la ronde (que c’est vert, Singapour), il constitue le temps fort d’une chouette promenade d’une heure.
Gratuit. Prendre le métro jusqu’à la station Harbourfront, sortie B, et marcher 100 m.

 


LITTLE INDIA.
Fermez les yeux, vous êtes en Inde. Ou presque. Il y a les couleurs, les odeurs, il y a l’ambiance, les moustaches, mais sans la pauvreté ni la saleté. Little India, le quartier le plus pittoresque du pays, c’est une sorte d’Inde light. Pour les amoureux de l’Inde, c’est un véritable bonheur de se balader ici. Et pour les autres aussi d’ailleurs.
Tout proche, le grand magasin Mustafa une version low cost du Harrod’s londonien, ouvert 24 heures sur 24. On y trouve tout. Littéralement. Ça vaut le coup d’œil.
Incontournable quartier de Singapour, vous le trouverez sur toutes les cartes ! Sinon, il y a une station de métro à son nom.

 

MACRITCHIE RESERVOIR PARK. Dans l’après-midi, on s’envole pour Sydney. Pour notre dernière matinée à Singapour, Frederick nous guide dans le MacRitchie reservoir park, un lac artificiel autour duquel il a l’habitude, comme nombre de locaux, de venir courir. On y retrouve Camille, Française étudiante ici, qui s’était retrouvée dans le même bateau que nous en croisière dans la baie d’Halong. Tous les quatre, on a marché – et discuté – le long de la boucle, une piste d’une dizaine de kilomètres.  
Depuis Little India, prendre le bus 980.

 

 

Grande institution financière bien qu’elle n’en ait pas les statuts, Entreprise publique, sans pour autant être sous tutelle du ministère des Finances, la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC), est peu connue, bien qu’elle soit le plus gros bras financier du gouvernement. Elle a pourtant cinq ans d’âge et Boutheina Ben Yaghlane en est la seconde DG.

Avec ses 5 Milliards DT, c’est aussi l’Entreprise qui a le plus grand actif sur la place. Bénéficiaire, elle investit et fructifie l’épargne de La Poste. Dans ses cartons, des projets de partenariats publics-Privés (PPP) de grande envergure. Mais aussi, un «fonds des fonds» pour les Start-Up qui attend l’accord de l’ARP et un aussi grand fonds, pour les énergies renouvelables. C’est de tout cela qu’elle a parlé à Africanmanager. Interview :

Est-ce qu’il y a de l’argent chez la CDC ; d’où provient-il et à quoi est-il utilisé ?

Je vais le dire, d’une manière aussi directe que votre question, oui. La CDC étant le bras financier de l’Etat, on lui a confié la mission de sécuriser et de fructifier essentiellement l’argent de l’épargne postale et des consignations. En total actif, cela dépasse les 5.000 MDT et en fonds propres nets, cela représente 257 MDT avec un résultat net pour 2016, bénéficiaire de 59,3 MDT, avec une évolution de 65 % par rapport à 2015 où on avait fait un bénéfice de 33 MDT, grâce notamment à une reprise de provisions sur des billets de trésorerie pour Bina Corp. Nous serons bénéficiaires aussi pour 2017, même si ça ne sera pas au niveau de 2016. L’épargne représente 4900 MDT, ce qui ne constitue qu’une partie de l’épargne. Par décret, on ne peut en tout cas pas utiliser plus de 14 % de l’épargne nationale. La CDC n’en est déjà, en investissement, qu’à moins de 10 %. Notre investissement dépasse les 300 MDT, dans des actions d’appui à l’initiative publique comme à l’initiative privée, à travers des FCPR, des FCP actions pour dynamiser la bourse, dans des projets cotés et des emprunts obligataires.

On en veut généralement à la CDC de ne pas s’impliquer dans le sauvetage financier des entreprises publiques qui vont mal ?

La Caisse participe, en fonds propres, dans des opportunités d’investissement qui devront être, à long terme, rentables. Comme on utilise des ressources sacrées, nous n’avons pas le droit de financer des projets qui rapporteraient des coûts moindres, par rapport à celui de nos ressources. C’est cela notre modèle d’investissement, qui doit respecter les règles prudentielles de gestion.

Etes-vous en train de dire qu’essayer de sauver des entreprises publiques en difficulté présente un risque pour la CDC ?

J’y arrive. Pour les entreprises publiques, nous n’avons aucun problème à y entrer. Mais la discussion qui a été faite au niveau de la présidence du gouvernement à ce propos, c’est que la Caisse agit de manière indirecte à travers la constitution d’un fonds pour la restructuration des entreprises publiques. En fait, les EP ne nécessitent pas uniquement un apport financier, mais surtout une certaine restructuration. La CDC a donné son accord pour financer ce fonds, à hauteur de 50 % dans ce fonds de 1.000 MDT. La décision finale devra être prise par le gouvernement, qui est certainement en discussion avec les partenaires sociaux. Nous avions été consultés, en tant qu’acteur public, et nous avions donné notre avis et nous sommes prêts à participer au sauvetage des entreprises publiques. La CDC est, par ailleurs, intervenue, en 2013, pour sauver Carthage Cement et sauver l’argent du Pool bancaire, en injecter 42,3 MDT dans Bina Corp

Si vous aviez à le faire, vous choisiriez quelle EP ou quel secteur d’activité ?

Après actualisation de notre stratégie d’investissement, nous voulons être, en premier lieu, dans des projets structurants, tels que les ports, les aéroports, les hôpitaux, assainissement dessalement …

Vous n’êtes, entre temps, nulle part, si l’on excepte le port en eau profonde d’Enfidha, alors qu’on voit s’intéresser à ces projets structurants, des investisseurs étrangers…

La CDC est déjà partenaire, en PPP institutionnel, dans le projet de pôle de compétitivité. Les deux projets en PPP contractuel, qui se préparent pour cette année chez la CDC qui sera dans le tour de table financier, sont un projet de dessalement des eaux de mer à Sfax et un autre d’assainissement à Gabès.

Vous n’êtes pas dans des projets d’énergie photovoltaïque, comme celui de Tozeur. Pourquoi ?

On n’a pas été sollicités. En fait, il y a deux manières de faire. Soit nous cherchons nous-mêmes les projets et on le fait, soit nous sommes sollicités. Pour les énergies renouvelables, qui font partie de nos axes stratégiques d’accompagnement des transitions majeures du pays, dont l’énergétique écologiques et la numérique et digitale. Nous sommes en phase finale de mise en place, avec Steg énergie renouvelable, d’un fonds pour les énergies renouvelables qui ne pas pourrait être de moins de 100 MDT. Nous sommes en voie de mise en place d’un «fonds des fonds» pour les start-up et l’innovation, pour un montant de 100 M€. La CDC y entrera à hauteur de 20 % et va à la recherche d’autres bailleurs de fonds qui seront dans un tour de table commun pour financer d’autres fonds, en «Early-stage» ou en «Later-stage», une fois la règlementation pour les start-up sera adoptée par l’ARP. Nous offrirons ainsi le meilleur véhicule de financement à nos «startuppers». En fait, avant d’entrer dans un quelconque projet et faire appel aux bailleurs de fonds, il y a un travail préalable à faire en amont. Lorsque nous voyons, aujourd’hui, que le pilier réglementaire est encore en voie d’être en place, cela nous handicape et c’est le cas du PPP. Il existe depuis 2015. Il y pourtant des difficultés de mise en place et nous avons donc des difficultés à mettre en place des PPP en contractuel. Il y a un travail de formation, de sensibilisation de nos institutions, qui aurait dû être fait en préalable, car la démarche de projet est différente, entre financement de projets par des bailleurs de fonds et financement PPP. C’est pourquoi, pour les projets de dessalement et d’assainissement, nous parlons de projets pédagogiques. En définitive, la loi est une chose, la concrétisation en est une autre …

Et à qui la faute ? Celle de l’Administration ?

… Je n’attaque personne. Je dis simplement qu’il faut bien préparer le terrain pour une mise en place convenable de toute loi. Toute seule, cette dernière ne sert à rien. Les choses doivent être faites en concomitance et des fois, cela prend un peu trop de temps. On a une loi pour les PPP, mais pas de projets en PPP contractuel, car leur mise en œuvre prend du temps. Pour la transition numérique, nous réfléchissons loi et financement en même temps, pilier réglementaire et pilier financier, et cela nous fera gagner énormément de temps. C’est tout le travail sur lequel planche la CDC. Pour qu’elle devienne un tiers de confiance, il faut du temps. Aujourd’hui, les banques partenaires, notre réseau de sociétés de gestion et nos partenaires institutionnels, nous font confiance. La graine est mise en terre, les résultats viendront. C’est ainsi qu’avance, par exemple, notre programme «Anava Tunisie», qui sera financé, en partie, à travers le fonds des fonds de 100 M€ qui financera une dizaine de fonds, lesquels financeront à leur tour les Start-Up, notamment technologiques. A ce sujet, nous sommes en train de préparer les cahiers des charges, les critères et les règles à respecter pour faire réussir ces Start-Up. Nous prévoyons qu’il deviendra effectif à la mi-2018. On attend cependant toujours le vote du projet du nouveau cadre réglementaire des Start-Up par l’ARP. Un cadre qui permettra de faire, par exemple, la différence entre PME et Start-Up, avec des mesures fiscales et un règlement spéciaux. On aura, alors, l’équivalent de la loi pour les investissements des PME, mais pour les Start-Up et qu’on a appelé la Start-Up Act, dont on dit que ce sera l’équivalent de la loi 72 du 21ème siècle.

Vous êtes en train d’utiliser l’argent des épargnants tunisiens pour investir. Est-ce vous comptez rémunérer leur argent ?

Il y a eu, en 2013, signature d’un contrat tripartite entre La Poste, la CDC et le ministère des Finances qui régit ce rapport de rémunération. La convention dit que les ressources de La Poste sont mises à la disposition de la CDC qui rémunère cette épargne. Elle n’évoque pas une rémunération autre que celle qu’elle reçoit de La Poste. Nous aspirons à faire bénéficier les épargnants de nos bénéfices et nous travaillons avec La Poste sur la mise en place de nouveaux produits communs, entre autres, qui devraient permettre de générer une meilleure rémunération pour les épargnants.

Où iront les 59,3 MDT de bénéfices de la CDC pour 2016 ?

Ils seront réinvestis. Même si elle est Entreprise publique, la CDC n’est pas régie par la loi de 89 pour les EP et n’est pas sous la tutelle du ministère des Finances et ni souveraine dans les choix des projets où elle investit. On travaille actuellement sur les 2 projets en PPP, dessalement et assainissement et on a fait notre entrée dans le capital du projet du port en eau profonde d’Enfidha.

Quels sont les projets de la CDC qui se concrétiseront en 2018 ?

D’abord, le fonds des fonds pour les Start-Up. Ensuite, celui des énergies renouvelables. On devrait les boucler sous peu et ce sera la fierté de la CDC. On n’oubliera pas les deux prochains PPP, dessalement et assainissement. Revenez me voir en janvier 2019 (petit rire qui en dit long sur les prétentions de la présidente de la CDC), on fera le bilan !

Khaled Boumiza

One thought on “N Essayez De Ne Pas Rire Mdrt

Leave a comment

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *